Annoncé avoir officiellement demandé au Sénat de lever les immunités de l’ancien président Joseph Kabila, désormais sénateur à vie. Cette requête s’accompagne de lourdes accusations : trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Dans la ligne de mire des autorités, le rôle supposé de Kabila dans l’Alliance Fleuve Congo (AFC), entité politique liée à la rébellion du M23, active dans l’est du pays.
Mais l’offensive ne s’arrête pas là. Dès le 24 avril, Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, a adressé une requête officielle au procureur général près la Cour constitutionnelle, sollicitant la dissolution du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti fondé et dirigé par Kabila. Le ministre y dénonce de « graves violations » des lois et de la Constitution par la formation politique. Il accuse plusieurs de ses membres, notamment des figures influentes, d’avoir rejoint les rangs de l’AFC, mettant ainsi en péril l’intégrité territoriale du pays.
Shabani revient aussi sur les prises de position publiques de Joseph Kabila, notamment une tribune parue dans le Sunday Times, perçue comme une tentative de dédouaner le M23 de ses exactions. À cela s’ajoutent les déclarations jugées subversives d’Aubin Minaku, récemment nommé vice-président du PPRD, qui, lors d’un rassemblement en février, a déclaré que le parti était « prêt à tout » pour faire chuter le régime actuel.
Le point de rupture semble avoir été atteint le 18 avril, lorsque des rumeurs ont circulé sur un retour de Kabila à Goma. Bien que ce retour n’ait pas eu lieu, la simple perspective a suffi à provoquer une réaction immédiate du pouvoir, qui a suspendu les activités du PPRD pour quinze jours, avant de lancer la procédure de dissolution. Pour l’heure, le camp Kabila n’a pas réagi à cette annonce.
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