À deux jours des élections présidentielle et législatives prévues le 15 janvier 2026, les autorités ougandaises ont ordonné une coupure totale d’Internet. Officiellement, cette mesure vise à limiter la désinformation, prévenir les fraudes électorales et contenir les appels à la violence.
Depuis le mardi 13 janvier à 18 heures, les Ougandais sont privés de réseaux sociaux, de messageries instantanées et de toute connexion numérique. La Commission ougandaise des communications a adressé un communiqué aux fournisseurs d’accès, leur demandant de suspendre le service « jusqu’à nouvel ordre ».
Cette décision intervient à la fin de la campagne électorale, alors que les rassemblements politiques étaient encore en cours. Selon les observations de RFI, plusieurs journalistes étrangers accrédités n’ont pas pu accéder à certains meetings. Pour de nombreux citoyens, cette coupure dépasse le simple aspect technique : dans un pays où les réseaux sociaux sont devenus un outil central pour s’informer, dénoncer et s’organiser, le blackout est perçu comme une mise sous silence.
Le gouvernement avait pourtant assuré que l’accès à Internet ne serait pas interrompu durant le scrutin. Outre la suspension du réseau, les autorités ont interdit la vente de nouvelles cartes SIM et bloqué le roaming pour les abonnés étrangers, accentuant l’isolement numérique du pays.
Sur le plan politique, le président sortant Yoweri Museveni, 80 ans, au pouvoir depuis quatre décennies, brigue un septième mandat consécutif. Face à lui, Bobi Wine, figure charismatique de l’opposition, mobilise une large frange de la jeunesse. À Kampala, les derniers meetings se sont déroulés sous une surveillance renforcée.
Reste à savoir si le scrutin se tiendra dans la transparence ou sous contrôle strict des autorités. Pour l’heure, l’Ouganda vit un moment décisif, marqué par un silence numérique inédit.
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