*Identification de 950 millions de barils à Sèmè*
*Le rêve pétrolier béninois renaît*
*Le pétrole béninois refait surface avec fracas. Après plus de deux décennies d’inactivité, le champ pétrolier offshore de Sèmè, au large des côtes nationales, est remis au centre du débat public à la suite d’une annonce majeure d’Akrake Petroleum, filiale de Rex International Holding. Le forage du puits AK-2H aurait permis d’identifier environ 950 millions de barils de pétrole en place, ravivant les espoirs énergétiques et économiques du pays.*
Cette annonce marque un tournant symbolique pour un secteur longtemps relégué au second plan, dans un contexte où le Bénin ne produit officiellement aucun baril de pétrole depuis plusieurs années, selon les données disponibles pour 2024.
*Des résultats techniques qui relancent le dossier Sèmè*
Foré jusqu’à 1 405 mètres, le puits AK-2H a traversé près de 950 mètres de réservoirs gréseux saturés en hydrocarbures. Les premières analyses pétrophysiques font état d’une porosité supérieure à 19 % et d’une saturation en huile excédant 70 %, des niveaux généralement jugés favorables à une exploitation commerciale.
Les opérations ont été conduites à l’aide de technologies de dernière génération, permettant une meilleure précision dans la caractérisation des zones productives et une réduction des risques techniques, selon l’opérateur.
*Un champ ancien, un enjeu nouveau*
Découvert au début des années 1980 et exploité entre 1982 et 1998, le champ de Sèmè avait déjà livré environ 22 millions de barils de pétrole avant l’arrêt de la production. Le redéveloppement actuel s’inscrit dans le cadre d’un contrat de partage de production attribuant 76 % des revenus à Rex, 15 % à l’État béninois et 9 % à Octogone Trading.
Un schéma contractuel qui, à l’heure où les volumes annoncés suscitent l’enthousiasme, relance inévitablement le débat sur la part réelle du Bénin dans l’exploitation de ses ressources naturelles.
*Des infrastructures en cours et une production attendue*
Sur le plan technique, le projet intègre des dispositifs visant à limiter les contraintes des champs matures, notamment la production excessive d’eau et le transport de sable. L’installation d’une pompe électrique submersible (ESP) est en cours afin de soutenir les débits et stabiliser la production initiale.
Parallèlement, les infrastructures de surface avancent. Une unité mobile de production offshore (MOPU) ainsi qu’une unité flottante de stockage et de déchargement (FSO) sont en phase finale d’achèvement. Une fois les tests et homologations achevés, la première phase du projet ambitionne une production comprise entre 15 000 et 16 000 barils par jour.
*Entre promesses économiques et vigilance politique*
Les promoteurs du projet mettent en avant des retombées économiques importantes : recettes fiscales, exportations, création d’emplois directs et indirects, ainsi que des opportunités pour les secteurs portuaire, logistique et des services offshore.
Toutefois, un point de clarification s’impose : les 950 millions de barils annoncés correspondent à des ressources pétrolières en place, et non à des réserves prouvées immédiatement récupérables. Un détail technique essentiel qui invite à la prudence et à la rigueur dans la communication officielle.
Pour l’État béninois, le réveil du champ de Sèmè constitue désormais un test de gouvernance : transparence des contrats, gestion des revenus futurs, protection de l’environnement et réelle transformation des richesses du sous-sol en développement durable. Plus qu’une annonce pétrolière, Sèmè pose une question centrale : comment le Bénin entend-il tirer pleinement profit de ses ressources naturelles ?
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