Tout a commencé par la diffusion d’un mémo indiquant que le ministère dirigé par Elon Musk, la commission pour l’efficacité gouvernementale (Doge), allait opérer une réduction drastique du nombre de salariés du Millennium Challenge Corporation (MCC). Puis, l’administration Trump a ordonné mercredi 23 avril la fermeture de cette agence américaine chargée de financer des infrastructures à l’étranger, notamment en Afrique.Lors d’une réunion avec les salariés mercredi, un responsable du programme a déclaré que l’agence « s’acheminait vers une fermeture » et mettait fin à l’ensemble de ses programmes, d’après des propos rapportés par une employée. L’agence pourrait même se retirer immédiatement d’une partie des projets en cours, comme la construction de routes, laissant probablement sur place des chantiers inachevés.Le MCC doit informer vendredi les pays concernés que les accords d’investissements s’achèveront dans les quarante jours. Une exception : l’institution a été autorisée à bénéficier d’extensions pour quatre pays, après des négociations avec les équipes d’Elon Musk.Ainsi, au Népal, en Mongolie et au Sénégal, le MCC disposera de trois mois pour sécuriser les chantiers en cours. Ce qui ne signifie pas que l’agence américaine pourra les achever. En Côte d’Ivoire, où un chantier routier arrive bientôt à son terme, le MCC doit disposer d’un délai un peu plus long.Créée en 2004 par le président républicain George W. Bush, l’institution américaine a déjà investi 17 milliards de dollars dans les différents projets. Elle a par exemple déboursé un demi-milliard en Zambie, pour développer des routes, des systèmes d’irrigation et le réseau électrique. Aux États-Unis, elle avait jusque-là toujours bénéficié d’un large soutien de la part des Républicains et des Démocrates.Son retrait d’Afrique pose la question de l’influence de la Chine, avec laquelle Donald Trump croise le fer et qui s’implique fortement dans les projets d’infrastructures. Pékin est le premier partenaire commercial du continent, avec 167,8 milliards de dollars d’échanges bilatéraux au premier semestre 2024, selon les médias officiels chinois, et le président Xi Jinping a affirmé vouloir continuer à investir.
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