La liste électorale provisoire de la Côte d'Ivoire, rendue publique ce lundi 17 mars 2025, ne comporte toujours pas les noms de l'ancien président Laurent Gbagbo et de son ex-ministre Charles Blé Goudé. Une exclusion qui suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile.A quelque 8 mois de la prochaine élection présidentielle, la situation politique de ces deux figures du microcosme politique ivoirien n’a toujours pas évolué.En dépit des appels du pied de leurs formations politiques respectives, les noms de ces deux cadres de l’opposition demeurent rayés de la liste électorale. Une situation qui remet en question leur éligibilité pour la prochaine élection présidentielle.
Evoquant la situation de l’ancien chef d’Etat, samedi dernier, soit 24h avant l’officialisation de cette liste provisoire, lors d’un meeting à Dabou, Stéphane Kipré, avait ouvertement dénoncé une injustice que le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire n’entendait pas laisser prospérer.
On veut nous dire qu'en 2025, Laurent Gbagbo ne peut pas être candidat. Ce qui va envoyer des palabres demain évitons ça aujourd'hui
« Une élection sans Laurent Gbagbo c'est de l'injustice et l'injustice ne peut plus prospérer dans notre pays », a-t-il lancé, mettant en garde contre une volonté manifeste du pouvoir de vouloir écarter l’ex-chef de l’Etat de la course à la présidentielle de 2025. « On veut nous dire qu'en 2025, Laurent Gbagbo ne peut pas être candidat. Ce qui va envoyer des palabres demain évitons ça aujourd'hui » a prévenu l'émissaire de Laurent Gbagbo dans le Leboutou.
C’est en 2018 que Laurent Gbagbo a été radié de la listé électorale en raison de sa condamnation par la justice ivoirienne dans le cadre de l’affaire dite dite du "braquage de la BCEAO". Bien que gracié par le président Alassane Ouattara, l’ancien chef de l'État n’avait pas recouvré tous ses droits civiques, une situation qui semble perdurer en 2025.
Quant à Charles Blé Goudé, bien que blanchi par la Cour pénale internationale (CPI) et rentré en Côte d’Ivoire en novembre 2022, il n’a toujours pas été réintégré dans le processus électoral. Lui également fait l’objet d’une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour des faits en relation avec la crise post-électorale de 2010-2011, des faits pour lesquels il a été acquitté par la CPI.
Outre ces deux hommes, Guillaume Soro, une autre figure de la scène politique ivoirienne a également écopé d’une lourde peine d’emprisonnement par la justice ivoirienne et déchu de ses droits civiques et politiques.
L’exclusion de ces trois personnalités intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025, une échéance cruciale pour l’avenir politique du pays. Le PPA-CI, le COJEP et Générations et peuples solidaires de Guillaume Soro voient dans ces décisions de justice, des manœuvres visant à écarter leurs leaders de la course à la magistrature suprême.
De nombreux observateurs s’interrogent sur la portée de cette décision et ses conséquences sur le climat politique en Côte d’Ivoire. Si cette exclusion est maintenue, elle pourrait donner lieu à une crise politique et à des contestations plus vives dans les semaines à venir.
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